Il y a Louise, la mère qui fait des ménages pour nourrir son tribu, le fils aîné, Albert, adepte du suicide raté, Armelle, la fille, enceinte à répétition, son copain, Raymond, allergique au travail, le fils cadet, Patrick, un peu loubard, acculé au mariage par Assia dont le père kabyle doit partir en pèlerinage à la Mecque. Et monsieur Pinchar d, abandonné par sa femme mais assailli par ses cinq enfants. ..sans oublier Black, le chien fidèle au poil blanc.
Ce petit monde, au bord du lumpenprolétariat, assume les situations les plus scabreuses avec un instinct de survie surprenant d’humour, et si certaines répliques ne font pas dans la dentelle : « on n’est quand même pas pauvres au fait qu’il ne nous reste plus que des arabes à épouser ? » le dialogue n’a cependant rien de vulgaire : « nous, on ne nous aime pas, et quand on nous aime, c’est sans amour ».
Il faut dire que Denise Bonal est une grande dame du théâtre français contemporain, comédienne passionnée par la fabuleuse aventure de la décentralisation, professeur au Conservatoire de Paris, primée à de nombreuses reprises pour plusieurs de ses pièces (Portrait de Famille a été primée aux Molières 2004 ), elle excelle dans l’art d’émouvoir par le rire.