Un des plus beaux textes de Marguerite Duras met en scène la séparation d’un frère et d’une soeur, unis dans un amour impossible et secret. Ecrite dans sa langue splendide et incandescente cette oeuvre intime et intense est portée ici par deux comédiens exceptionnel.
«L’inceste ne peut être vu du dehors. Il n’a pas d’apparence particulière. Il ne se voit en rien. Il en est de lui comme la nature. Il grandit avec elle, meurt sans être jamais venu au jour, reste dans les ténèbres du fond de la mer, dans l’obscurité des sables des fonds des temps. De toutes les manières ou les formes de l’amour et dudésir, il se joue. De toutes les sexualités diffuses, parallèles, occasionnelles, mortelles, il se joue de même. De son incendie il ne reste rien, aucune scorie, aucune consommation, après lui la terre est lisse, le passage est ouvert. Ainsi passe par un après-midi de mars un jeune chasseur qui remonte le fleuve alors que les pousses de riz commencent à jaillir des sables. Il regarde une dernière fois sa soeur et emmène son image vers les grandes cataractes du désert.»
M. Duras